La représentation de saint Roch
dans l’église de l’île de Bréhat (Côtes-d’Armor)
Ah ! Cette statue de saint Roch est unique !
C’est la seule où l’on voit le chien lécher la plaie du saint !
Rappelons qu’un saint, comme tout ange ou tout héros, est une filière de l’Energie.
Saint Roch est une filière de l’Energie de guérison véritable, qui est celle de l’âme magnétisée à la Terre, avant d’être celle du corps physique.
Dans la plupart des statues du saint, le chien tient une miche de pain dans sa gueule, miche qu’il dérobait à son maître, le sieur Gothard, pour venir l’apporter au saint atteint de la peste et recru dans sa caverne.
Ce seigneur fut et touché par l’attitude de son chien : « Il fit sérieuse réflexion sur la conduite merveilleuse de Dieu qui, à défaut des hommes, se sert des bêtes pour secourir dans le besoin ceux qui ont recours à son assistance[1]. »
Là, l’artiste ne représente pas l’ange dans son rôle de guérisseur mais cet animal, magique en quelque sorte, léchant avec compassion la plaie de Roch.
Le chien est de tout temps symbole de fidélité. Il était aussi l’attribut d’Asclépios dont le culte se répandit à Rome lors d’une épidémie de peste.
Mais Roch n’est pas, comme tant d’humains, mené par son chien, que celui-ci le soigne, qu’il lui apporte le pain ou simplement l’accompagne :
« Non attaché à mon chien j’étais,
mais chien du seigneur m’apportant nourriture
quand point demandé n’était.
car pas mon chien n’était,
Ainsi sur le chemin ai-je trouvé la Vérité
car sans chien à moi et par moi possédé,
point possédé n’était du chien.
Et alors tout ouvert j’étais,
à l’Ange qui passe,
au chien qui m’apporte,
au Divin qui se révèle ainsi.
C’est le Dit de saint Roch entre tant d’autres Dits. »
[1] Vie des Saints et des Bienheureux, Baudot et Chaussin, Ed. Letouzey et Amé », 1950.
